Les Carnets de l’Apothicaire : l’héroïne qui préfère les poisons à la romance

Les Carnets de l’Apothicaire, vous en avez certainement entendu parler. L’anime cartonne sur Netflix et Crunchyroll, une troisième saison est déjà annoncée pour 2026, et les tomes s’arrachent en librairie depuis leur sortie chez Ki-oon.

J’ai lu le manga après avoir regardé la série. Seize tomes en quelques semaines, commande groupée dès le tome 2, parce que je ne savais plus m’arrêter. Et je suis ressortie en fan absolue de Mao Mao : une héroïne qui préfère ses fioles de poison à n’importe quel prétendant .

Une héroïne qui mérite 5/5 ★★★★★


Voici ce que j’en pense vraiment, avec les bonnes raisons de vous y mettre, et les mauvaises attentes à éviter.

Couverture du manga Les carnets de l'Apothicaire tome 1, illustration en couleur de Mao Mao
  • Titre : Les Carnets de l’Apothicaire
  • Genre : Mystère, Romance, Historique, Seinen
  • Scénario : Itsuki Nanao, d’après le light novel de Natsu Hyuuga
  • Illustration : Nekokurage
  • Année de parution VF : 2023
  • Édition papier : Ki-oon
  • Nombre de volumes VF : 16 tomes (en cours) + 8 tomes de light novel
  • Adaptation anime : disponible sur Crunchyroll et Netflix

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L’intrigue :

À 17 ans, Mao Mao a une vie compliquée. Formée dès son jeune âge par un apothicaire du quartier des plaisirs, elle se retrouve enlevée et vendue comme servante dans le quartier des femmes du palais impérial ! Entouré de hauts murs, il est coupé du monde extérieur. Afin de survivre dans cette prison de luxe grouillant de complots et de basses manœuvres, la jeune fille tente de cacher ses connaissances pour se fondre dans la masse.

Mais, quand les morts suspectes de princes nouveau-nés mettent la cour en émoi, sa passion pour les poisons prend le dessus. Elle observe, enquête… et trouve la solution ! En voulant bien faire, la voilà repérée… Jinshi, haut fonctionnaire aussi beau que calculateur, devine son talent et la promeut goûteuse personnelle d’une des favorites de l’empereur. Au beau milieu de ce nid de serpents, le moindre faux pas peut lui être fatal !

Découvrez la face cachée du lieu le plus secret de la cité impériale ! Dans ce monde de femmes régi par les hommes, Mao Mao aura besoin de toute son intelligence et de tout son savoir pour démêler les intrigues de la cour… Avec son héroïne hors norme et ses décors magnifiques, ce manga événement adapté d’un roman à succès a tout pour plaire ! Et vous, aurez-vous le courage de goûter à ses délices ?


L’histoire : une servante qui préférerait qu’on l’oublie

Mao Mao a 17 ans, elle a grandi dans le quartier des plaisirs auprès d’un apothicaire qui lui a tout appris sur les herbes, les poisons et les remèdes. Sa vie est simple, et elle s’en contente.

Jusqu’au jour où elle est enlevée et vendue comme servante dans le quartier intérieur du palais impérial : l’endroit le plus fermé, le plus hiérarchisé, le plus dangereux qui soit, celui où vivent les concubines de l’Empereur.

Son plan : passer inaperçue, faire son temps, rentrer chez elle.

Seulement, quand des bébés commencent à mourir dans des circonstances inexpliquées, Mao Mao ne peut pas s’empêcher de voir ce que les autres ne voient pas. Elle comprend. Et en comprenant, elle se fait remarquer par Jinshi, un intendant du palais aussi mystérieux que déstabilisant, qui va décider que ses talents sont bien trop utiles pour qu’elle reste simple servante.

C’est le début d’une série d’enquêtes au cœur d’un univers où chaque tasse de thé peut cacher un poison, où chaque sourire de cour est un calcul, et où une fille qui sait trop de choses a tout intérêt à faire semblant de n’en savoir aucune.

Extrait du manga Les Carnets de l'apothicaire, illustration de Jinshi et Mao Mao.

Ce qui rend Mao Mao vraiment différente

Mao Mao : une héroïne qui ne joue pas le jeu

J’ai lu beaucoup de mangas avec des héroïnes intelligentes. Mais Mao Mao est dans une catégorie à part, parce que son intelligence n’est pas mise au service d’une ambition romantique ou d’une grande destinée, elle est au service de sa survie, et de sa curiosité irrépressible pour les poisons.

Elle ne cherche pas à plaire et ne tombe pas amoureuse immédiatement. Elle est sarcastique, parfois franchement asociale, et elle regarde Jinshi (pourtant considéré comme le plus bel homme du palais) avec un mélange de dégout et d’agacement. Ce qui donne des situations parfois vraiment drôles.

Ce détachement rend leur relation électrique. On ne nous sert pas une romance convenue. On nous sert une tension construite sur deux personnages qui se lisent mutuellement sans jamais se livrer complètement. Et c’est délicieux.

Jinshi : entre beauté, mystère et profondeur

Jinshi est présenté comme le plus bel homme du palais, et les dessins de Nekokurage ne font rien pour démentir cette réputation. Mais ce qui le rend vraiment fascinant, ce n’est pas son apparence. C’est tout ce qu’il cache.

Il a ce petit côté naïf en surface, presque touchant, qui contraste avec le fait qu’il détient visiblement un secret bien plus grand que ce qu’il laisse paraître. Au fil des tomes, des indices s’accumulent sur qui il est vraiment, et démêler ce mystère devient presque aussi addictif que les enquêtes de Mao Mao elle-même.

Avec Mao Mao, il est d’une gentillesse sincère… Tout en essayant régulièrement de la manipuler à ses fins. Ce mélange le rend tantôt attachant, tantôt agaçant, parfois les deux dans la même page. Et c’est exactement ce qui rend leur dynamique si difficile à lâcher.

Un format à mi-chemin entre le roman et le manga

La série Les Carnets de l’Apothicaire vient d’un light novel, et ça se sent. La narration est plus riche que dans un shōnen classique, les intrigues s’imbriquent sur plusieurs tomes, et on a parfois l’impression de lire un roman historique illustré plutôt qu’un manga traditionnel. Si vous aimez prendre le temps de vous installer dans un univers complexe plutôt que d’enchaîner les rebondissements toutes les deux pages, vous allez être servi.


Les dessins de Nekokurage sont magnifiques

Étant dessinatrice amatrice, je suis vraiment sensible aux illustrations. Alors quand je vous dis que le travail de Nekokurage m’a bluffée, c’est un vrai compliment.

Illustration en couleurs du manga Les Carnets de l'apothicaire.

Les personnages sont magnifiques, dessinés avec une finesse et une précision remarquables. Les concubines, les servantes, les personnages de cour, chacune a une présence visuelle distincte, des traits soignés, des expressions qui parlent avant même les dialogues (surtout celles de Mao Mao, qui dit souvent l’inverse de ce qu’elle pense). Les couvertures sont absolument superbes, difficile d’y résister. Et si vous avez vu l’anime avant de lire le manga, vous retrouverez cette même beauté dans les planches, Nekokurage est justement l’artiste dont l’adaptation animée s’est le plus inspirée.

C’est le genre de manga où on repasse sur certaines planches après les avoir lues, juste pour les regarder encore.


Manga ou anime ? La vraie question

C’est la question que beaucoup se posent, et je vais vous donner mon avis en essayant d’être au plus juste.

L’anime (disponible sur Crunchyroll et Netflix, deux saisons à ce jour) est une très belle adaptation. La direction artistique est soignée, les musiques sont envoûtantes, et c’est un excellent point d’entrée si vous n’avez pas l’habitude de lire des manga. Si vous avez regardé l’anime et adoré, vous pouvez très bien vous arrêter là.

Mais le manga va plus loin. La narration intérieure de Mao Mao est beaucoup plus développée sur papier. Ses réflexions sur les poisons, ses observations acides sur les gens autour d’elle, son sarcasme silencieux… Certaines subtilités de personnage et d’intrigue passent mieux dans le format manga, où on a le temps de s’installer dans sa tête.

Mon conseil : si vous n’avez encore rien vu ni lu, commencez par le manga. La découverte est plus riche. Si vous avez déjà vu l’anime et cherchez à prolonger l’expérience, le manga vous donnera exactement ce que vous voulez : plus de Mao Mao, plus de nuance, plus de cour impériale .

Un détail important à connaître avant d’acheter

Il existe en réalité deux adaptations manga des Carnets de l’Apothicaire, dessinées par deux artistes différentes. Celle publiée chez Ki-oon en France est celle de Nekokurage, c’est la version qui correspond à l’anime, et c’est celle dont je parle dans cet article. L’autre version (dessinée par Minoji Kurata) n’est pas encore traduite en français. Donc si vous cherchez en librairie ou en ligne, vous ne pouvez pas vous tromper, Ki-oon, c’est la bonne.

Extrait du manga Les Carnets de l'apothicaire, illustration de Jinshi.

Pour qui c’est vraiment fait ?

Vous allez adorer si…

Vous aimez les enquêtes et les mystères davantage que l’action pure. Ici, il n’y a pas de combat épique. Mao Mao résout des empoisonnements, elle démêle des complots de cour. Si vous aimez réfléchir avec l’héroïne plutôt que de la regarder se battre, vous êtes au bon endroit.

Vous aimez les héroïnes atypiques. Mao Mao n’est pas là pour être aimée. Elle est là pour survivre, résoudre des problèmes (et peut-être aussi pour se délecter de quelques poisons…). C’est un changement de rythme salutaire si vous en avez assez des héroïnes qui attendent d’être sauvées.

Extrait du manga Les Carnets de l'apothicaire, illustration de Jinshi et Mao Mao.

Vous aimez les romances qui prennent leur temps. La tension entre Mao Mao et Jinshi ne se résout pas en deux tomes. C’est une construction lente, subtile et parfois frustrante. Si vous cherchez de la romance rapide, vous risquez d’être impatient. Mais si vous aimez les regards qui durent un peu trop longtemps et les non-dits qui s’accumulent, régalez-vous .

Vous êtes curieux des cultures asiatiques. L’univers s’inspire librement de la Chine ancienne : la cour impériale, les hiérarchies entre concubines, les pratiques médicinales traditionnelles… C’est passionnant. On apprend des choses en lisant, sans jamais avoir l’impression d’être en cours.

Peut-être pas pour vous si…

Vous cherchez du rythme effréné. Les premiers tomes posent un univers riche et détaillé. Si vous êtes du genre à vouloir de l’action dès la page 1, le démarrage risque de vous paraître lent, même si ça se met en place très vite comparé à d’autres séries du même genre.

Les personnages nombreux vous perdent facilement. La cour impériale, c’est beaucoup de monde : concubines, servantes, intendants, médecins, gardes… Si vous avez déjà du mal à suivre qui est qui dans Game of Thrones, je vous conseille de noter les noms les premières fois 😜.


Bilan : Faut-il lire Les Carnets de l’Apothicaire ?

Ma note finale : 5/5 ⭐ (autant pour l’anime que le manga!)


Les Carnets de l’Apothicaire, c’est une série qui transcende ses étiquettes. Techniquement un seinen, mais en réalité il peut-être lu et regardé par tout le monde. Officiellement un manga de mystère, avec une romance en filigrane qui prend aux tripes sans jamais forcer. Une héroïne qui préfère les poisons aux prétendants, et un univers dans lequel on entre pour une enquête et dont on ne ressort pas.

Si vous cherchez quelque chose de vraiment différent de ce que vous avez l’habitude de lire, que vous veniez du manga, du manhwa, ou de l’anime, c’est une lecture que je recommande sans réserve. ❤️


Où trouver Les Carnets de l’Apothicaire ?

Un extrait du tome 1 est publié chez Ki-oon. La série est disponible en librairie et en ligne sur vos boutiques préférées. Ki-oon propose également des éditions collector sur certains tomes. Si vous êtes comme moi et que vous aimez collectionner les beaux objets, ça vaut vraiment le détour.

N’hésitez pas à le commander directement chez votre libraire indépendant de quartier !


Vous avez déjà lu Les Carnets de l’Apothicaire ? Dites-moi où vous en êtes et ce que vous avez pensé de la série. Je suis curieuse de savoir si vous êtes team « Jinshi est trop bien » ou team « Mao Mao mérite mieux » 🤭.

Couverture du manga collector Les carnets de l'Apothicaire tome 15, illustration en couleur de Mao Mao

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